ATTELAGES


Des chevaux attestés dès le XVIIème

Le marquis de Chaban , François de LOSSE, se plaignant de voir traverser ses champs par les convois de canons entame un recours judiciaire.
Déjà en 1687 la route des canons existait déjà pour aller au port du Moustier alors même que la forge d’Ans n’existait pas encore, les canons pouvaient venir d'autres forges (Auberoche, par exemple).
Des attelages étaient composés d’une charrette et de 9 chevaux
Les canons passent dans des champs et font de grands dégâts
En 1690, le problème n’est toujours pas résolu et l’intendant doit faire faire des réparations sur la route pour éviter de passer par les champs.
Toutefois, POINTIS, ordonne de continuer à faire les transports mais il y aura dédommagement
Source : Fonds Taillefer 2 E 1835 263 12,35,

Le Cheval de limon

Le dossier de réparation de la Route des Canons sous Bertin nous en apprend encore d'avantage.
Le but de ce document est une réflexion sur une façon supposée de transporter les canons sur la route des canons.
Il est basé sur un terme rencontré sur le mémoire établi par un certain Jarrin le 24 aout 1751 concernant la réparation de la route et où on trouve cette phrase : « Enfoncement devant la maison du sieur De La Pinolie où Le cheval limonier est forcé de tomber »
Le terme à retenir est « Cheval limonier » face auquel on peut donner une définition et une interprétation propre à l‘artillerie.
Une définition trouvée sur les transports en carrières donne :
« le limonier, placé complètement à l'arrière, au niveau du brancard. C'était le cheval le plus lourd. Il devait amortir les secousses engendrées par les trous de la route, et qui risquait de soulever le cheval. La charge de pierre devait être absolument bien équilibrée pour ne pas appuyer sur le ventre ou le dos du limonier. »
En général un attelage sur la route est composé de 3 à 5 chevaux. Avec un attelage de 3 chevaux, on pouvait tirer un bloc de 2 tonnes. La vitesse moyenne, sur une route plate et avec les pauses repas, était de 3 Km/h. Les chevaux devaient être changés régulièrement, environ toutes les 10 heures, pour de longues distances
Dans les transports d’artillerie :
Le système de « l’avant-train à limonière » est décrit dans un certain nombre d’ouvrages sur l’histoire militaire. Il semble qu’il soit très utilisé au XVIIIème siècle mais il sera remis en question à la fin du siècle et au début du suivant. Des descriptions dans ces mêmes ouvrages (1) nous apprennent que :
• Le limonier exige un harnachement particulier
• Un limonier tué est difficilement débarrassé
• Tous les chevaux ne conviennent pas à ce travail
• Ce cheval s’abat facilement et se remet avec peine
• Etc…
Ces inconvénients se comprennent donc dans la description des travaux à entreprendre sur la route des canons pour assurer la sécurité de ce cheval, mais ne donnent pas encore la description complète de l’attelage car n’oublions pas que nous sommes dans le cadre d’artillerie de mer et que par conséquent, les affuts n’étaient pas du tout les mêmes que pour l’artillerie de terre. Quel types de chariots étaient-ils utilisés, la limonière est un tout de même un précieux indice. Ce type d’attelage ayant été utilisé très longtemps dans les transports commerciaux.
Source technique : « Etat actuel de l’artillerie de campagne en Europe» par Jacobi, Paris, 1838 

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